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memoir · by a contemporary
Mémoires du maréchal Marmont, duc de Raguse (2/9)
Auguste Frédéric Louis Viesse de Marmont (1774–1852)
Named on the page for Battle of Marengo.
draft Matched to the battle automatically; not yet reviewed.
Passages that name the battle; the whole book is at Project Gutenberg.
14 June 1800
Battle of Marengo
Sommaire.--Bonaparte à Paris.--Les directeurs.--18 brumaire.--Consulat.--Mesures administratives.--1800. Campagne d'Italie.--Réunion de l'armée de réserve à Dijon.--Situation des armées française et autrichienne.--Passage du Saint-Bernard.--Le fort de Bard.--Difficultés immenses.--Entrée à Milan.--Passage du Pô.--Les troupes françaises sur les bords de la Bormida.--Desaix.--Novi.--Bataille de Marengo (14 juin 1800).--Charge de Kellermann.--Réflexions sur cette bataille.--Mort de Desaix et de Kléber.--Égypte.--Conséquences de la victoire de Marengo.--Desaix.--Armistice d'Alexandrie (16 juin).
Voilà les circonstances exactes de la crise de la bataille de Marengo. C'est sous mes yeux mêmes et à quelques pas de moi que tout cela s'est passé. On a beaucoup discuté sur cet événement; mais les choses furent telles que je viens de les raconter. Kellermann avait été mis aux ordres du général Desaix; il avait pour instruction de suivre le mouvement des troupes et de charger quand il verrait l'ennemi en désordre et l'occasion favorable. Il a reconnu, en homme habile, l'urgence des circonstances, car c'est quand le désordre commençait chez nous, et non pas chez l'ennemi, qu'il a chargé et qu'il a exécuté sa résolution avec une vigueur incomparable. Il est absurde et injuste de lui contester la gloire acquise dans cette mémorable circonstance et l'immense service qu'il a rendu. Les trois mille prisonniers faits à la fin de la journée décidèrent la question: la bataille était gagnée. L'ennemi se replia rapidement sur la Bormida; et, comme la brigade Saint-Cyr, après avoir évacué le village de Castel-Ceriolo, s'y reporta, vivement appuyée par la garde, l'ennemi, craignant de perdre les ponts nécessaires à sa retraite, accéléra sa marche pour les couvrir. Redoutant de voir tomber son canon entre nos mains, il précipita son mouvement rétrograde; et moi, avec une artillerie si inférieure en nombre, après avoir été accablé pendant toute la journée par le feu de l'ennemi, j'eus la consolation d'exercer à mon tour mes poursuites avec mes dix-huit bouches à feu contre une seule batterie restée à son arrière-garde. La nuit étant venue, et la Bormida repassée, le combat fut terminé.
Telle fut la bataille de Marengo. Les troupes se conduisirent avec bravoure et constance, les généraux avec habileté et présence d'esprit, les Autrichiens avec lenteur et mollesse; mais tout ce que l'on a dit et écrit du changement de front en arrière, à gauche, de ce poste de Castel-Ceriolo conservé pendant toute la bataille, pour de là déboucher sur les derrières de l'ennemi au moment de la retraite, est pure supposition et invention faite après coup [2]. On se retira par où l'on était venu, en suivant la direction de la grande route et en bon ordre. Il aurait été beau effectivement, avec une armée inférieure en nombre, si affaiblie, se composant, à quatre heures du soir, à peine de quinze mille hommes, qui commençait un mouvement rétrograde dont on ne pouvait prévoir le terme, mouvement rétrograde de plus d'une lieue; il aurait été beau, dis-je, de laisser dans un poste ouvert comme le village de Castel-Ceriolo deux mille hommes qui se seraient trouvés séparés de l'armée par trois mille toises! Ces deux mille hommes auraient été pris, et bien plus facilement que les vingt-sept bataillons de Blenheim ne le furent à la journée de Hochstett. Il y aurait eu de la démence dans une pareille disposition, et personne, dans l'armée, n'était capable d'en avoir la pensée.
La bataille de Marengo avait eu lieu le 14 juin: à cette époque encore, et pendant quelques années depuis, on célébrait la fête du 14 juillet. Dès le commencement du Consulat, on avait proscrit toutes ces fêtes infâmes qui rappelaient les crimes et les malheurs de la Révolution, comme le 10 août, le 21 janvier, etc.
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