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memoir · by a contemporary

Voyages, chasses et guerres

Louis-Alphonse-Henri-Victor du Pont, marquis de Compiègne (1846–1876), 1876

Named on the page for Battle of Sedan (1870).

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draft Matched to the battle automatically; not yet reviewed.

Passages that name the battle; the whole book is at Internet Archive.

1 September 1870 (capitulation 2 September)

Battle of Sedan (1870)

EN SEPTEMBRE 1870.

Dieu nie garde de vouloir refaire Thistoire de la journée néfaste du 1" septembre, et de rentrer dans les tristes polémiques auxquelles elle a donné lieu : je n'ai eu qu'un seul et unique objet en vue en écri- vant ces lignes, retracer les impressions d'un simple soldat, a leaf in the storm (une feuille dans l'oura- gan), pendant la bataille de Sedan, ses soufTrances dans les journées qui l'ont suivie , enfin sa vie comme prisonnier en Allemagne.

EN SEPTEMBRE 1870.

Le 31 août 1870, à cinq heures du matin, j'étais avec quelques milliers d'hommes couchés pêle-mêle sur la route et dans les fossés, harassés de fatigue et encore tout noirs de poudre, attendant devant une porte des fortifications de la ville de Sedan. En mou- vement la veille à une henre et demie du matin, battus à Beaumont dans l'après-midi, poursuivis toute la nuit par Tennemi, nous étions, après avoir marché quatre-vingt-un kilomètres, arrivés devant Sedan, dont les portes restaient closes malgré les cris et les

EN SEPTEMBRE 1870.

Il était neuf heures du matin. Au loin, sous les remparts, on entendait gronder le canon; des régi- ments qui n'avaient pas donné la veille traversaient les rues au pas de charge pour aller à Fennemi ; des batteries d'artillerie passaient au grand galop. De tous côtés des soldats couverts de poussière et de sang se formaient par groupes et cherchaient à rallier leur régiment. A chaque instant on rencontrait des géné- raux, des colonels, des intendants; les officiers d'état- major se croisaient en tous sens. Il n'y avait pas jus- qu'aux braves habitants de Sedan qui , dans leur costume de ville et portant seulement sur la tète un képi de garde mobile, ne courussent aux remparts.

EN SEPTEMBRE 1870.

Tout à coup, nous entendîmes de grands rris; une foule do soldats so ralliaient prc's de Tanihulance, en a^^itant leurs képis en l'air. \'ous y courûmes... les mêmes mots répétés par les officiers et les soldats volaient de bouche en bouche : <c Bazaine arrive! les Prussiens battent en retraite! en avant î en avant î " IVous marchâmes en avant, agitant nos képis en l'air. Bientôt sept ou huit mille hommes furent ralliés sur une colline près de la ville de Sedan. Mais là, nous vîmes bientôt que nous avions été cruellement déçus: ce qu'on nous avait dit être l'armée de Bazaine n'était autre qu'une colonne de Prussiens qui débou- chait en rangs serrés sur notre droite. En face de nous, à cinq ou six cents mètres, sortaient d'un bois, en petit nombre à la fois, des hommes qui se for- maient en bataillon. — « Ce sont des Prussiens, tirez! tirez! » — a Non, ce sont des chasseurs, vous allez tuer des Français. ->■) Tels étaient les cris qui se croisaient de toutes parts. Il y avait là un général, plusieurs officiers supérieurs; pas un ne donna un ordre, et cependant il leur eût suffi de regarder avec une lunette d'approche quelconque, dont tous étaient censés munis.

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