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memoir · by a contemporary

Considérations sur les grandes opérations de la campagne de 1812, en Russie

Nikolaĭ Aleksandrovich Okunev (1792–1851), 1841

Named on the pages for Battle of Bautzen, Battle of Dresden, Battle of Leipzig, Battle of Ligny.

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20–21 May 1813

Battle of Bautzen

PREMIER MEMOIRE.

Avant d'achever cette dissertation, il aesi pas inutile de nonsacror quelques lignes à un dernier objet, que nous devons mettre dans la cal^orie des objets secondaires, c'est l'objet des opérations sLralégiques d'un champ de ba- taille. Sa possession influant non-seulement sur les modulations d'une affaire générale, mais aussi sur les suites d'uae victoire ou d'une dé- bite, il est indispensable d'y fixer son atten- tion. Cet objet est celui qui, du champ de bataille, nous mène vers l'objet secondaire ou principal des opérations des adversaires, par une voie plus courte que celle que les défen- seurs ont à parcourir pour l'atteindre. La ba- taille de Bautzen nous eu offre un eiemple bien instructif. Les points de PreitiU et de Qleina (Ft^- S) étant plus rapprochés de Reichenbach, point de retraite des alliés, que ae le sont les points de Rreckvilz el de Klein-Jenkovitz, la victoire ne manqua pas de se déclarer en faveur des Français, du moment oîi ils se rendirent maîtres de ces deux postes.

DES TROIS ARMES.

Après la bataille de Bautzen , les alliés ayant décidé d*oocnper, avec leurs forces, la posititm de PuUen près de Schweidniti, continuaient leor mouvement rétrograde en deux colonnes, dont l'une mardiait par Nanodiourg , Bunzlau et Haynau, et l'autre par Lauban, Lœwenberg, Goldberg et Sviegau. Les ennemis ne les poui> suivant que légèrement, la retraite ne s'o- pérait qu'avec lenteur. Enfin, les Français conçurent l'idée de harceler notre arrière- garde, et, pour les rendre plus circonq>ect8. le maréchal Ùiicher décida de mettre un déta- chement dç cavalerie en embuscade. Les envi- rons de Haynau parurent les plus propices pour cette opération.

DES TROIS ARSIES.

Pour ce qui regarde l'artillerie qu'on emploie pour défendre des fortifications de campagne, sa position se trouve toujours désignée par l'assiette même des différents retranchements. Leur construction doit toujours être calculée sur tes feux des pièces dont on les arme, qui, tout en défendant les points tes plus impor- tants de nos lignes de bataille, doivent aussi rassembler dans te même loyer autant de feux qae possible, pour battre en brèche les lignes ennemies , ainsi que leurs masses assaillantes, tandis que nos réserves doivent être prêtes pour fondre sur les troupes rétrogradantes. Le choix de l'assiette des fortifications élevées sur le champ de bataille de Bautzen , est digne d'arrêter l'attention des militaires, etlelec' teur me pardonnera de l'y ramener pour quel- ques instants.

26–27 August 1813

Battle of Dresden

CONSIDERATIONS

Smolensk est le point central où aboutissent huit routes différentes , dont cinq mènent vers l'est et le midi de la Russie. La ville dominant la vallée du Dnepre, offre des moyens faciles de manœuvrer sur les deux rives. L'armée ras- semblée sous ses murs, livrant bataille sous la protection des retranchements, a tous les avan- tages lactiques en sa faveur, et celui incalcula- ble de manœuvrer d'un point central, contre une position demi -circulaire, et parconséquent étendue. Avec de pareils avantages, une affaire générale sous Smolensk aurait pu offrir facile- ment un pendant à la bataille de Dresde. Smo- lensk étant l'objectif principal de l'armée en- nemie, devait aussi attirer l'attention des défenseurs. L^'était, en un mot, la clef de Mos- cou , du cœur de l'empire , qui a été et sera tou- jours de la plus haute conséquence pour les mouvements stratégiques d'une guerre faite dans la section de la sphère d'opérations du - nord, et dont Moscou serait le but principal.

DES TROIS ARMES.

Les dernières guerres surtout ne nous ont offert que rarement le spectacle imposant d'une cavalerie bien dirigée ; quoique ne possédant qu'un noyau peu nombreux de vieux cavaliers, elle n'était pas cependant sans talent ni sans vertu, c'est ce qui a porté.les censeurs sévères à rejeter tout le blâme de cette inaction sur les cbeÀ qui la commandaient. Hurat même, dont l'esistence militaire nous a offert plus, d'une belle action, comme kEckmiilh, à Dresde, etc., n'a cependant pas été non plus exempt de re- proches. Les militaires allemands l'ont accusé de n'avoir été qu'un sabreur, et de n'avoir pas possédé les qualités nécessaires pour comman- der une masse de cavalerie dans une bataille rangée (i). Mais dans une armée commandée par Napoléon , fallait-il plus qu'un sabreur qui sût profiter des vertus intrinsèques de l'arme qu'il meoait au combat T Et chaque chef de ca- valerie, dans l'armée de Bouaparto, pouvait- il aussi paraître autre chose, puisque Napoléoa savait se trouver partout où sa présence était nécessaire, et ne quittait le poste qu'après avoir tout ordonné? C'est ainsi qu'à la bataille de Dresde, il sort à six heures du matin de la porte de Freyberg, et aperçoit la lacune que le mouvement des divisions aulricfaiennes de Biancbi et Giulay; en se prolongeant vers leur gauchesur la rive gauche de la Weissrîtz, pour donner place au corps de Klénau , qui était encore en marche, avait occasionnée. Û cbai^ Hurat de tirer partie de cette imprudence de l'ennemi; et après avoir indiqué l'endroit où les coups devaient se frapper, il revient sur ses pas, traverse la ville, et sort par la porte de Dippoldisvalde, et, sûr que ses ordres seront exécntés avec justesse et avantage, il ne s'oc-

DES TROIS ARMES.

cupe ]dus que des mouvements des corps des maréchaux Saînt-Cyr, Mortier et Marmont. Une confiance pareille, delà part d'un bommetel que Bonaparte, qui savait certainement taxer au juste les talents deses subordonnés, et qui, surtout à la bataille de Dresde, ou le sort de son armée pouvait être décidé par quelque mauvaise disposition et devenir déplorable, n'était pas dans le cas d'abandonner aucune chaoce au hasard , ne prouve-t-elle pas en fa- veur du chef qui commandait la cavalerie Ifançaise?

DES TROIS ARMES.

2° Sur une infanlerie, qui, par quelqu'acci- dent, neserapasen état de servir de ses armes. A la bataille de Dresde , les divisions de Blanchi et de Cameville furent Irès-mallraitées , car leurs armes s'étaient tellement encrassées par la pluie qui tombait en torrent, qu'il leur fut même impossible de s'en servir, pour s'opposer à la vivacité des chocs des ennemis. Au combat de Fire-Champenoise, la cavalerie de la garde russe , favorisée par un temps pluvieux , battit aussi complètement les brigades de la jeune garde française, de Jamio et de Le Capitaine;

16–19 October 1813

Battle of Leipzig

PREMIER MEMOIRE.

L'Elbe était la ligne défensive des Français. Les alliés occupaient, sur ses deux rives, les positions suivantes : l'armée de Bohême était entre Toplitz et l'Eger, le maréchal Bliicber ÎL Bautzeo , et le prince royal de Suède devant Wiltenbei^, L'objet principal des opéraUons des trois armées était Leipzig. (Planche 3.)

PREMIER MEMOIRE.

Lorsque la convexitéest tournée ducale des défenseurs, tous les avantages pour le passage sont, au contraire, en faveur des assaillants. Une armée qui défendrait l'Elbe du cAté de Witteoberg, ne pourrait s'opposer que très- difficilement au passage de la masse ofiensive, qui, basée sur Leipzig, trouverait du cdté de Torgau les moyens de franchir la ligne défen- sive , sans risquer de compromettre ses commu- nications.

DES TROIS ARMES.

Rapportons maintenant un exemple d'un r^ sultat diamétralement opposé'à celui quejt viens de citer, et en développant les causes de la réussite de l'un et du revers si marquinl de l'autre, tlcbons de déduire un résané dé- finitif des propriétés de la cavalerie de ligne. Prenons la bataille de Leipzig.

DES TROIS ARMES.

Le lecleor ne s'étonnera pas maintenant lorsqu'il lira dans les Mémoirei de Napoléon, qu'à la bataille de Leipzig , le nombre de coups de l'artillerie seule, sans compter ceux de l'infanterie, montèrent i plus de ISO.OOO (i) , tandis que toute la perte des alli^ n'a été que de 21 i 22,000 hommes.

16 June 1815

Battle of Ligny

EXAMEN RAISONNE

(i) A la bataille de Ligny, l'IotanlioB do martcbal Blnchci avait M do dirober ses troupes «ni rtgardi de se* ennemu, en les plafaut entre les Tillages de Li- gn; et de Bria , dans des bas-fonds ; mils le* hantenn

DES TROIS

A la bataille de Ligny, les Prussiens, en occupant les villages de Saint-Amand et de Lî- gny, dont la possession couvrait le front de leurs ligses de bataille, firent les dispositions suivantes: Le 1" corgis, commandé parle gé- néralZietben , occupa le village de Salnl-Amand avec 3 bataillons et 2 compagnies de voltigeurs de la 3' brigade. 1j I" brigade fut placée en réserre derrière le village. La 4" brigade oc- cupa le village de Ligny avec 3 bataillons, tandis que 6 bataillons furent placés en réserve. La 3* brigade , et le reste de la 3* l^gade , ce qui formait un total de iZ bataillons, se dé- ployèrent en deuxlignesderrièreet entre les vil- lages de Brie et de Ligny. Le 3* corps, com- mandé par le général Thielemann, formant le flanc gauche et la première ligne de l'ordre de bataille, appuyait son flanc droit au village de Sombreff, que le général fit occuper par un bataillon de voltigeurs. Les troupes de son flanc gauche ayant occupé fortement les villages de Tongrines et Tongrenelle, qui se trouvaient devant son front , ainsi que toutels les métairies qai étaient le long du ruisseau do Ligny, s'ap- puyaient i Botcy.

DES TROIS ARMES.

La victoire que le duc de Luxembourg rem- porta sur le prince de Waldek , dans les champs de Fleurus, repose sur plusieurs fautes graves de ce dernier. Sa position ne pouvait pas se caractériser comme bonne ; car si même le front était bien couvert par le ruisseau de Wagnée et un terrain élevé qui pouvait cacher les mou- vements ofiîensife de son centre , les deux flancs ne l'étaient pas. Les vîll^es d'Heppigniea et de Saiot-Amand en étaient les seuls appuis; mais des villages n'assurent que faiblement les ailes d'un ordre de bataille. Pour prévenir ce débordement funeste, dont le prince de Waldeck a été la victime, il n'y a, ainsi que je me suis prononcé chapitre II, section iv, que les graad'gardes qui servent de postes d'aver- tissement, et dont le devoir est d'épier les mouvements offensifs que l'ennemi entreprend autour des ailes. Le prince de Waldeck aurait donc du en avoir une entre Saint-Amand et Ligny, pour assurer son flanc gauche, et une autre entre les villages d'Heppignîes et de Wagnée pour la sûreté de son flanc droit.

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